L'envie de faire un vol en avion de chasse me poursuivait depuis quelques années. Et comme je ne suis pas du genre à laisser un dossier en suspens, il y a un mois, j'ai fini par craquer : je m'en suis offert un. L'aventure s'est déroulée du côté de Rennes, lundi dernier. Je me suis présenté à 11 heures, un peu anxieux : ce n'est pas tous les jours qu'on s'apprête à faire de la voltige à bord d'un avion de chasse ! Après le briefing (où l'on m'a présenté les caractéristiques de l'appareil), j'ai pu enfin enfiler mon uniforme de pilote avant de gagner le parking du tarmac. C'est là que le Fouga patientait. Il revenait justement d'un vol et, en m'approchant de l'appareil, j'ai croisé le précédent baptisé, qui était blanc comme un linge. Je lui ai demandé comment ça s'était passé et il m'a annoncé qu'il avait fait un black-out l'espace d'un instant ! C'est donc « légèrement » anxieux que j'ai pris place dans l'appareil et me suis attaché à mon siège. Après tout un tas de vérifications, on a finalement laissé la terre ferme derrière nous. Les deux premières parties (vol de découverte et à basse altitude) étaient sympathiques, mais se sont révélées plutôt anodines (enfin, si tant est qu'on peut parler d'anodin quand on vole à bord d'un avion de chasse !). Celles-ci n'étaient cependant que des hors-d'oeuvre pour mettre en appétit. Car après ça, le pilote m'a informé que nous allions amorcer les acrobaties. Et là, l'expérience a été toute autre ! On a commencé par un sympathique huit. J'ai vite pesé trois fois mon poids sous l'effet des G. J'ai levé me bras mais il pesait d'un poids inhabituel. Drôle de sensation. Dès la fin de la figure, le pilote m'a demandé si je me sentais capable de continuer : je lui ai répondu en riant qu'il pouvait y aller à fond. Ce n'est probablement pas le genre de choses à dire à un ancien pilote de la Patrouille de France, spécialisé dans les acrobaties les plus extrêmes. Je l'ai compris quand le pilote a vraiment commencé. Les figures se sont enchaînées à une telle vitesse que j'ai fini par ne plus pouvoir distinguer le haut du bas ! Durant les courts instants de répit entre les manoeuvres, j'essayais de retrouver mes repères, mais tout allait beaucoup trop vite. Passage sur le dos, breaks, looping, tonneaux... Le pilote était bien décidé à me faire la totale. Il me demandait à intervalles réguliers si j'étais encore là, et je répondais alors par l'affirmative. Mais d'une voix de plus en plus éteinte, tout de même. J'étais essoufflé et mon cœur battait à toute vitesse. Pourtant, curieusement, je n'avais pas peur. Cela dit, il faut dire que j'étais trop concentré sur le fait de ne pas vomir. Ce que j'ai fini par faire tout de même au final, ce qui n'a pas manqué de gâcher la vidéo grand angle qui était centrée sur mon visage. Difficile de montrer son exploit à ses amis et collègues après ça. Dommage : il faudra que je recommence pour la vidéo ! :) Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de cette expérience de baptême en Fouga Magister.

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